Monochasse

Depuis leur invention au XIXe siècle, les caractères de machine à écrire n’ont jamais cessé d’être utilisés. Dans le milieu professionnel, ou au sein de la sphère privée, ces derniers ont su s’imposer comme un standard. Accessible à tous, la machine à écrire est un outil populaire qui s’est rapidement installé dans les foyers, les bureaux, ainsi qu’aux cotés des écrivains, des journalistes, ainsi que de nombreux artistes… L’outil machine à écrire fonctionne grâce à un système mécanique complexe. C’est un instrument mécanique de précision. Son utilisation et les caractères à chasse fixe qu’elle imprime, sont une réponse adaptée aux contraintes rencontrées. Au delà de la dimension technique, les caractères de machine à écrire contribuent à donner un style particulier, une identité au support sur lequel ils sont imprimés.

Les familles de caractères monochasse sont inscrites dans l’inconscient collectif. Elles sont le vecteur d’un patrimoine culturel et font appel aux souvenirs de chacun. La chasse est fixe, cela signifie que la place occupée par chaque lettre et l’espacement d’un caractère à l’autre ne varie pas. Elles sont de nos jours un gage de qualité. Nous sommes face à des signes géométriquement stables, qui nous confèrent un sentiment de sécurité et de confiance. Bien que la forme et l’utilisation formelle de ces caractères aient changé, ils sont encore présents quotidiennement et s’articulent sur différents supports qu’ils soient physiques (affiches) ou numériques (écran).Faisons tout d’abord le point sur ce caractère ainsi que sur ses différentes applications et utilisations à travers le temps.

Nous mettrons en lumière les origines, la genèse, de la création typographique et observerons combien l’outil s’est démocratisé. Nous mènerons une analyse poussée des différents caractères typographiques appelés «monochasse» avant de définir une sélection d’applications graphiques contemporaines mises en miroir avec des créations graphiques plus anciennes. Nous pourrons alors étudier les motivations réelles de l’utilisation contemporaine de ces caractères. Aussi, grâce à ces analyses préalables, nous serons en mesure de dresser le portrait, le style type d’un caractère dit de machine à écrire. Enfin, à travers cette publication, nous proposerons notre propre interprétation de ces codes formels.

En collaboration avec Thomas Monnié